Cyprien à l’association Païolive

J’ai débuté mon service civique en janvier 2021 à l’Association Païolive pour une durée de 9 mois, en binôme. Cette association est portée sur l’étude de la nature dans un cadre d’exception du sud Ardèche, entre forêt ancienne (le fameux Bois de Païolive), rivières et garrigue.

Issu d’un BTS Gestion et Protection de la Nature (GPN) et désireux de trouver un emploi dans la conservation des espaces naturels, j’ai décidé de « faire mes armes » via un service civique. En effet, le domaine du naturalisme est très concurrentiel : il y a beaucoup de demandes pour peu d’offres et les postes vont soit à ceux qui sont le plus diplômés, soit à ceux qui ont l’expérience la plus solide. C’est dans le second cas que je voulais me situer à la fin de mon volontariat.

Les missions qui m’ont été confiées sont les suivantes : « Participer à l’inventaire général de la biodiversité de Païolive » et « Participer aux actions de sensibilisation du public et de médiation de l’association ». La crise sanitaire a fait que la deuxième mission a été quelque peu compromise, ce qui, dans mon cas, m’arrangeait plutôt pas mal car je suis davantage porté sur les disciplines scientifiques que d’éducation à l’environnement. J’ai donc eu tout le loisir de me consacrer pleinement aux aspects qui me plaisent vraiment. L’Association Païolive est réputée dans le microcosme naturaliste pour avoir vu passer d’éminents spécialistes dans leur domaine. Et il se trouve que ces personnes, qui composent le comité scientifique, sont pour la plupart assez accessibles et sont par conséquent de véritables mines de savoir que je ne me suis pas privé de solliciter. La volonté de transmettre est une valeur importante que l’Association Païolive porte et elle m’en a par ailleurs largement fait bénéficier durant ces 9 mois.
En ce qui concerne ce qu’il m’a été donné de faire, un simple paragraphe serait trop court pour faire le tour, mais voici un aperçu :
– Rédaction d’une étude sur les papillons de jour : production de données sur 9 sites et actualisation des connaissances sur l’ensemble de Païolive. Cette étude m’a occupé la majeure partie du volontariat.
– Suivi annuel du faucon pèlerin et du grand-duc d’Europe dans les Gorges du Chassezac (note aux non initiés : ce sont deux rapaces patrimoniaux rupestres, respectivement diurne et nocturne).
– Recherche du pélobate cultripède, un amphibien rarissime en Ardèche dont l’une des deux populations connues dans le département se trouve à Païolive.
– Suivi du castor sur le Chassezac et ses affluents, en partenariat avec l’Association Fiber Nature.
– Animation nature (il en faut bien un peu quand même) : initiation à l’ornithologie à destination du grand public (sortie chants d’oiseaux et détermination à vue) et sorties avec le centre social des Vans dans le bois de Païolive.
Bien-sûr, j’ai également participé à la vie de l’association, ce qui est également intéressant dans le sens où on ne connaît pas vraiment le fonctionnement du monde associatif sans y avoir été confronté.

Aujourd’hui, et en bonne partie grâce à ce service civique, j’ai décroché un poste de chargé d’étude en expertise faune au Conservatoire d’Espaces Naturels Occitanie (CEN Occitanie). C’est un poste pour lequel il est d’habitude demandé un Master ou un niveau de diplôme supérieur à mon simple Bac+2, mais l’expérience que j’en engrangée a fait la différence.
Je peux conseiller à ceux qui hésitent à se lancer, de réfléchir à la manière d’intégrer le service civique à un projet professionnel et à faire le calcul de ce que cela peut leur apporter. Pour ma part, ce volontariat a parfaitement rempli sa mission de tremplin vers le monde professionnel.
Il est également important de trouver la bonne structure d’accueil : celle qui colle à ses valeurs et qui peut permettre de s’épanouir. Ce conseil est primordial car il est dommage de faire un service civique en ayant l’impression de n’être utile à personne, y compris à soi-même. Il doit pouvoir permettre de se développer personnellement et en cela, je remercie ma structure d’accueil ainsi qu’Amesud qui a assuré l’intermédiation et qui a veillé au suivi et au bon déroulement de mon volontariat sur toute sa durée. »